Clos-Montmartre

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vigne_de_Montmartre
https://www.comitedesfetesdemontmartre.com/

Vigne de Montmartre

Vigne de Montmartre

La vigne, quinze jours après les vendanges 2008.
Géographie
Pays France
CommuneParis
Arrondissement18e
QuartierMontmartre
Caractéristiques
EssencesVignes
Coordonnées48° 53′ 18″ nord, 2° 20′ 24″ est

La vigne de Montmartre, dont le nom officiel est le Clos-Montmartre, est une vigne plantée sur la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris.

Situation géographique

Le vignoble pousse sur le flanc nord de la butte Montmartre, le long de la rue Saint-Vincent et de la rue des Saules.

De part et d’autre se trouvent deux bâtiments montmartrois célèbres : le cabaret du Lapin Agile et le musée de Montmartre.

Histoire

L’existence de vignes à Montmartre est attestée dès 9441.

Au XIIe siècle, des vignes sont plantées par les dames de l’abbaye de Montmartre fondée par Adélaïde de Savoie2.

L’appauvrissement de l’abbaye amène celle-ci à vendre ses parcelles de vigne. Au XVIe siècle, les habitants de Montmartre, localité située alors hors Paris, sont principalement laboureurs-vignerons. Les vignes sont cultivées du sommet de la Butte jusqu’aux plaines environnantes. Tour à tour vin blanc puis rouge, le vin de Montmartre est connu sous différentes appellations : « le clos Berthaud », « La Goutte d’or », « Le Sacalie », « La Sauvageonne » ou encore plus tard, « Le Picolo3 ».

Au XVIIe siècle, le vin de Montmartre est un petit vin réservé à la consommation locale.

Un dicton populaire de l’époque se moque de sa qualité qui semble être ici exclusivement diurétique :

« C’est du vin de Montmartre
Qui en boit pinte en pisse quarte. »

Une pinte équivaut à 93 centilitres et une quarte à 67 litres.

Au début du XVIIe siècle, à l’emplacement actuel du Clos-Montmartre, s’élève une guinguette champêtre. Son nom, Le Parc de la Belle Gabrielle, vient du voisinage d’une maison qui aurait appartenu à Gabrielle d’Estrées, maîtresse du roi Henri IV. Au XVIIIe siècle, la colline est recouverte aux 3/4 de vignes et le vin, non soumis aux droits d’octroi car en dehors de Paris, a favorisé l’ouverture de tavernes et cabarets2.

À l’endroit des vignes actuelles, il y avait un jardin et une maison où habitait Aristide Bruant. Toulouse Lautrec est venu peindre dans ce jardin et, dans la maison à côté, ce fut Renoir, dans ce qui est maintenant le musée de Montmartre.

Plus tard, le lieu se transforme principalement en terrain vague, asile pour les clochards et terrain de jeux pour les enfants du voisinage. Lorsque Montmartre est annexée à Paris en 1860, les habitations se développent au détriment de la vigne restante.

À la mort d’Aristide Bruant, la ville de Paris rachète le lieu. En 1930, il est prévu d’y construire des immeubles. C’est sans compter sur la mobilisation des habitants du quartier qui s’opposent à ces constructions. Le préfet de l’époque les entend et rend le terrain inconstructible.

Après la disparition complète de ses vignes en 1928, Montmartre est replanté cinq ans plus tard de 2 000 pieds de gamay et de pinot noir provenant du domaine de Thomery près de Fontainebleau. Situés dans le 18e arrondissement de Paris à l’angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent, les 2 000 m2 du Clos-Montmartre s’étendent à l’emplacement de l’ancien square de la Liberté, aménagé par le dessinateur Francisque Poulbot, fondateur de la république de Montmartre, en 1929. L’exposition au nord du Clos-Montmartre en fait une sorte d’aberration viticole, ce qui explique que sa vendange a lieu fort tard, c’est-à-dire à la mi-octobre par les personnels publics-vignerons du service des parcs et jardins de la Ville de Paris4.

En 1933, la ville de Paris, répondant aux vœux de la société Le Vieux Montmartre, crée le Clos-Montmartre en plantant 2 000 pieds de vigne (0,15 hectare) au nord de la butte, afin de limiter l’expansion immobilière. La première Fête des vendanges en 1934, parrainée par Mistinguett et Fernandel, a lieu en présence du président de la République Albert Lebrun5. Mais il n’y avait pas encore de raisin ! Donc on achète du raisin aux Halles et on accroche des grappes avec du fil afin que les parrains puissent les couper.

Cette vigne (il reste aujourd’hui 1 762 pieds selon les propos de Gilles Guillet, grand maître de la Commanderie du Clos-Montmartre dans l’émission Les Escapades de Petitrenaud) aujourd’hui « comprend les variétés les plus classiques des provinces viticoles de France, ainsi qu’une sélection d’hybrides vigoureux et fertiles ». L’ensemble est embelli par des plantations décoratives.

Actuellement, il y a 30 cépages différents, 70 % de ces cépages sont anciens. On remplace petit à petit les pieds par des vignes venant de Suisse.

Le vin a longtemps été considéré comme de la piquette mais ce n’est plus le cas actuellement car tout est fait pour que le vin soit excellent. En 2016, une œnologue et un vigneron s’occupent de cette vigne.

L’accès du public n’est pas autorisé, sauf pour des occasions exceptionnelles, comme la Fête des jardins, organisée chaque automne depuis 1980 par la mairie de Paris.

Chaque année, au mois d’octobre, est organisée à Montmartre une Fête des vendanges de Montmartre, avec un défilé réunissant les associations montmartroises et des confréries vinicoles de provinces invitées. La récolte de l’année 2016 était de 1 950 kg.

La cueillette du raisin ne donne pas lieu à une manifestation publique particulière. Il est pressé dans les caves de la mairie du 18e arrondissement.

Le vin est alors vendu aux enchères. Le bénéfice revient aux œuvres sociales de la Butte.

Les vignes ne sont pas ouvertes au public. Pendant la Fête des vendanges, il est organisé des visites commentées. Il faut réserver en ligne6.

Accès

Le site est desservi par la ligne à la station Lamarck – Caulaincourt et par la ligne de bus 40, la seule à circuler sur la butte Montmartre, à l’arrêt Les Vignes.

  • La vigne de Montmartre en hiver.
  • Les rangs de vigne.

Le Clos Montmartre

Le Clos Montmartre ne serait ce qu’il est aujourd’hui sans Pierre Labric, Maire de la Commune Libre, Forain, Poulbot et Willette, fondateurs de la République de Montmartre, ou encore Victor Perrot, Président de la Sté d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre», ni le concours de nombreuses communes qui ont offert à ce Clos ses 3250 pieds de vigne d’origine

Il en va de même pour la 1ère Fête des Vendanges de Montmartre qui s’est tenue dès 1934 … alors que la vigne ne donne du raisin que dans sa 3ème année… C’est encore une fois grâce à la générosité des vignerons, du Beaujolais notamment, qui ont offert à Montmartre ses premières grappes pour que la Fête soit !

Il est toujours fascinant de rencontrer des nouvelles personnalités. Et dans le cadre des vignobles d’assister à la révélation de la personnalité d’un vin.

C’est bien ce qui survient avec la vigne de MONTMARTRE et le vin qui y est produit. Aussi, avec la compréhension des caractéristiques du sol, de l’exposition, du climat et du microclimat qui découlent de la situation topographique, il fut naturel d’aller chercher du côté des rosés l’expression aromatique et gustative la plus harmonieuse.

La récolte n’ayant lieu qu’une fois dans l’année, l’émergence stable du vin reste lente à se faire et se dessine peu à peu.

Mais progressivement, patiemment, avec le travail minutieux, soigneux, inébranlable et efficace de l’équipe des jardiniers de la ville de Paris, l’implication toujours renouvelée et sensible des bénévoles du COFAS, la vigne de MONTMARTRE s’affirme, s’épanouit et permet la production régulière – souhaitons le (personne n’étant à l’abri des vicissitudes du climat) – d’un vin à la couleur superbe et unique, fait d’élégance, de légèreté et de finesse. N’est-ce pas d’ailleurs déjà un peu là l’esprit de Montmartre?

Sans détours, il revient en tous cas assurément à chacun de le rencontrer, de l’apprécier et de le faire découvrir…

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